On ne parlera jamais assez du gaspillage alimentaire. Malgré la sensibilisation et les nombreux impacts économiques, environnementaux et sociaux, le problème persiste toujours.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que 1/3 des aliments produits est perdu ou gaspillé[1]. Les pertes et gaspillage alimentaires (PGA) seraient responsables de 8 à 10% des émissions mondiales de GES. Malgré les quantités de nourriture produites et gaspillées, l’insécurité alimentaire gagne du terrain. Ce sont 828 millions de personnes qui souffraient de faim dans le monde en 2021[2].

La responsabilité est largement partagée. Les pertes et gaspillage alimentaires concernent toute la chaîne d’approvisionnement, de la production à la consommation.

Part des consommateurs québécois dans le gaspillage alimentaire

Au Québec, 1,2 millions de tonnes d’aliments comestibles sont perdus ou gaspillés. La part des ménages est non négligeable. Selon le premier portrait du gaspillage alimentaire au Québec réalisé par RECYC-QUÉBEC en collaboration avec la Ville de Montréal, les consommateurs québécois sont responsables de 28% du gaspillage alimentaire dans la province[3]. Des efforts sont à fournir de la part de ces derniers d’autant plus que 63 % des résidus alimentaires dans les maisons auraient pu être évités[4]. Les chiffres sur le gaspillage alimentaire pourraient donner l’impression que l’ensemble de la population québécoise a suffisamment accès à la nourriture. Pourtant, selon une étude de l’université de Toronto de 2021, ce sont 1 million de québécois qui souffrent d’insécurité alimentaire[5]. La nourriture est souvent considérée comme quelque chose d’acquis au point d’être gaspillée alors que certaines personnes ont du mal à y accéder. Réduire le gaspillage alimentaire aurait à la fois des impacts positifs sur les plans économique, environnemental, et social.

Toutes ces quantités de nourriture perdues ou gaspillées deviennent des résidus organiques à gérer. La quantité de matières organiques provenant du gaspillage alimentaire vient ajouter un poids à la problématique de la gestion des matières résiduelles.

La réduction à la source, comme solution au gaspillage alimentaire dans nos maisons? 

La réduction à la source qui vient en premier lieu dans la hiérarchie des 3R paraît nécessaire pour réduire la quantité de matières organiques rejetées. Il suffit de poser de petits gestes simples pour mieux remplir son panier d’épicerie et planifier ses repas afin de gaspiller le moins possible.

Qu’est-ce que nous pouvons faire en tant que consommateur?

À la maison

  • Planifier ses repas à l’avance;
  • Examiner en détail son réfrigérateur et ses placards avant d’aller faire ses courses, noter les produits qui nous manquent pour les recettes qu’on envisage, bien organiser sa liste et se fixer un budget en fonction de cela;
  • Manger avant de se rendre à l’épicerie. Quand on a faim et qu’on se retrouve entre les rayons d’épicerie, on a souvent tendance à vouloir prendre tout ce qui passe sous nos yeux;
  • Privilégier les produits en vrac. Dans les épiceries, les produits emballés contiennent des quantités souvent énormes pour une petite famille ou pour une personne vivant seule;
  • Éviter le piège des rabais en résistant à la tentation d’acheter un trop grand nombre de produits périssables pour profiter d’une réduction alors que vous n’en avez pas réellement besoin;
  • Ne pas toujours se laisser emporter par la date « Meilleur avant ». Certains aliments sont toujours consommables après la date indiquée. L’aide-mémoire de RECYC-QUÉBEC et la fiche informative du MAPAQ peuvent vous aider à savoir si on peut toujours consommer l’aliment en question;
  • Bien ranger ses courses au retour de l’épicerie en apprêtant les fruits et légumes prévus pour les collations et en rangeant les aliments au bon endroit dans le frigo. Consultez cet aide-mémoire de J’aime manger pas gaspiller pour connaître les astuces de rangement pour une meilleure conservation;
  • Bien conserver ses produits frais et ses restes.

Malgré la planification, vous disposez toujours d’aliments dont vous n’êtes pas sûrs de consommer? Vous pouvez partager avec votre entourage. Certains citoyens font des annonces sur des groupes Facebook pour donner leur surplus de nourriture à des personnes dans le besoin. Vous pouvez également les déposer dans un frigo partagé. Consultez cette liste pour voir s’il y en a un près de chez-vous.

Des outils en ligne pour éviter le gaspillage alimentaire

Des plateformes disponibles en ligne permettent de lutter contre le gaspillage alimentaire tout en faisant des économies.

Marché Second Life: C’est une épicerie en ligne qui récupère des produits en surplus ou imparfaits à partir des fermes, des grossistes et des transformateurs alimentaires. Les rabais sur les produits proposés peuvent aller jusqu’à 30%.

FoodHero : Cette application vous propose une liste d’épiceries et de marchands proposant des produits en surplus jusqu’à 50% du prix courant. C’est une plateforme qui se développe et donc qui cherche de nouveaux partenaires. Si vous n’avez pas de marchands autour de vous, ils vous proposent de leur en faire part. Ainsi, vous contribuerez à faire élargir la liste des commerces participants et éventuellement à sauver des quantités de nourriture près de chez-vous.

Too Good To Go : Cette application vous permet de sauver les invendus des commerces. Elle regroupe des épiceries, des restaurants, des boulangeries… De plus, vous en avez pour votre argent, les produits sont vendus à 1/3 du prix initial.

Frigo Magic : La plateforme vous propose des milliers de recettes anti-gaspi à réaliser avec ce que vous avez déjà chez vous. Elle vous permet ainsi d’alléger votre facture d’épicerie et vous éviter d’être à court d’idées de repas tout en en appliquant une réduction à la source dans votre alimentation. Ce sont 16 000 repas cuisinés par jour par les participants et plus de 38 000 tonnes de nourriture ont été sauvés.

Sauve ta bouffe : Ce projet des AmiEs de la Terre de Québec propose des conseils pratiques et des recettes pour éviter de gaspiller.  Ils ont récemment élaboré leur guide pratique pour réduire le gaspillage alimentaire

Une Bonne Chance : Vous y trouverez sur cette application pour iPhone des conseils pour conserver vos aliments, les portions recommandées pour chaque aliment et des recettes à produire même avec des restes. Les experts sur la plateforme sont prêts à répondre à vos questions si jamais vous ne trouvez pas ce que vous cherchez.

D’autres outils

Il existe d’autres plateformes qui vont dans la même direction pour contrer le gaspillage alimentaire. C’est le cas de Improove qui propose des fruits et légumes invendus des producteurs et distributeurs québécois et Sauvegarde, une application montréalaise qui regroupe des épiceries, des cafés, des pâtisseries, des restaurants et d’autres types de commerces.

Vous pouvez également contribuer à réduire le gaspillage alimentaire en portant votre choix vers certaines entreprises ou organismes qui valorisent les surplus d’aliments comme Still Good, La Transformerie, Wisely Food, Loop, Dunord et bien d’autres.

Les plateformes en ligne et les entreprises citées sont uniquement à titre d’exemple. Vous trouverez beaucoup d’autres ressources sur le gaspillage alimentaire qui vous permettront d’être mieux outillés afin de réduire vos déchets alimentaires à la source.

[1] FAO, « Global food losses and food waste ».

[2] Nations, « We Can All Help Reduce Food Loss and Waste ».

[3] Recyc-Québec, « Étude de quantification des pertes et gaspillage alimentaires au Québec ».

[4] « LFHW_FoodWasteInCanadianHomes_FR_02.pdf ».

[5] University of Toronto, « Household Food Insecurity in Canada ».