Dans notre fiche sur la mode éphémère, nous abordions les enjeux environnementaux que pose la production de vêtements : utilisation importante de matières premières, faible utilisation et durée de vie des vêtements et importante quantité de vêtements mis à la poubelle. Or, bien que certains vêtements arrivent à être récupérés, d’autres problèmes se posent. Selon RECYC-QUÉBEC, au-delà de la collecte et du tri, l’un des enjeux majeurs de la fin de vie de nos vêtements vient de la difficulté à recycler leurs matières. Souvent composés de cinq ou six différentes fibres, il n’existe à l’heure actuelle aucun procédé industriel permettant de réaliser une séparation de ces matériaux. À ce problème s’ajoute celui du peu de débouchés des fibres récupérées dans d’autres industries. Ainsi, nombreux sont les vêtements en polyester, spandex, acrylique, nylon et autres matières plastiques dérivées du pétrole qui finissent par prendre le chemin de l’élimination, polluant les sols et l’air au même titre que les autres déchets. Alors, lorsque l’achat de seconde main n’est pas possible, cherchez à privilégier l’achat de vêtements en fibres naturelles. Et parce que fibres naturelles ne veut pas forcément dire écologique et éthique, on vous résume ce qu’il y a savoir sur le sujet.

Coton conventionnel, coton biologique, coton équitable… que choisir ?

Nous le savons, une grande partie de la pollution produite par l’industrie textile provient des matières premières utilisées dans la confection des vêtements, notamment le coton. Mais, comme en témoigne Équiterre dans son très complet guide du vêtement responsable, toutes les cultures de coton n’ont pas le même impact sur l’environnement. C’est ainsi que, sans grande surprise, le coton conventionnel s’avère être la fibre textile la plus polluante au monde du fait de la quantité d’eau, d’engrais et de pesticides nécessaires à sa production, en plus d’être peu éthique (épuisement des sols, plants génétiquement modifiés ayant un impact sur la faune et la flore et recours massif au travail des enfants). À l’inverse, le coton biologique est cultivé à l’aide d’un compost naturel, nécessite jusqu’à 90 % moins d’eau et utilise le principe de rotation de culture. Finalement, le coton équitable, en plus d’être biologique, garantit que les travailleurs reçoivent un salaire décent et, surtout, contribuent à la création de partenariats commerciaux basés sur le dialogue, le respect et la transparence. Conclusion : n’abandonnons pas le coton, mais assurons-nous d’encourager un commerce respectueux de l’environnement et des gens qui y travaillent en recherchant le label GOTS. On vous en parle plus bas.

Le bambou, un bel exemple de greenwashing

Bien que sa croissance rapide ne nécessite que peu d’eau, d’engrais et de pesticides, la transformation du bambou en viscose, aussi appelé rayonne, implique une succession de bains chimiques lui ôtant ainsi son caractère écologique. La fibre produite à la suite de ce procédé de transformation n’a donc plus rien de naturel et les vertus antibactériennes et hypoallergéniques qu’on lui prête ne seraient qu’un argument de vente fallacieux utilisé par les industries. Alors, bien que cette fibre soit plus écologique que les fibres synthétiques fabriquées à partir de dérivés de pétrole, elles sont à éviter. À la viscose, préférez le Tencel ou Lyocell fabriqué à partir de pulpe de bambou et d’eucalyptus issus de plantations certifiées. Le procédé de transformation ne comporte qu’un bain chimique dont les eaux usées sont complètement récupérées et réutilisées en boucle pour produire de nouvelles fibres.

Chanvre et lin, fibres les plus écologiques

Nécessitant quatre fois moins d’eau que le coton, aucun engrais et pesticide, et contribuant à régénérer les sols, le chanvre a tout pour lui. Avec le lin, qui possède les mêmes caractéristiques et propriétés antibactériennes, le chanvre est la fibre la plus écologique. Toutefois, du fait de son appartenance à la famille des cannabacées, la plante a longtemps été diabolisée et sa culture n’est redevenue légale qu’en 1998. Autre préjugé à l’égard du chanvre, il est souvent perçu comme un tissu rigide et rude, bien qu’il puisse permettre la création de tissus à la fois souple, respirant et résistant. On trouve d’ailleurs quelques marques de vêtements utilisant le chanvre et le lin au Québec: Abaka, Message Factory, Nomad Hemp Wear. Maison Lenko, Gaia & Dubos et Mimz.

Et la laine ?

Bien que l’on puisse penser de prime abord que la laine soit écologique et éthique, il semble que cela soit rarement le cas. D’après un rapport produit par l’Agence française de la transition écologique, le problème des vêtements fabriqués à partir de laine, tous animaux confondus, réside principalement dans les misérables conditions d’élevage dans lesquelles sont placés les animaux. Enclos trop petits (pouvant provoquer également une érosion des sols), sous-alimentation, lieux d’élevage et température inadéquats pour l’animal, brutalité extrême et blessures corporelles infligées lors de la tonte, sont toutes des pratiques observées dans des élevages de moutons et d’alpagas en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Angleterre, en Chine, aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Amérique du Sud. Alors, dans un contexte de production industrielle où l’animal n’est qu’une vulgaire marchandise et où la laine est traitée et teintée chimiquement, il est peu indiqué de se procurer des vêtements fabriqués à partir de laine. Si vous y tenez tout de même, faites une petite recherche pour vous assurer que la laine utilisée soit éthique, même lorsqu’il s’agit d’un vêtement fabriqué artisanalement.

Certification

Finalement, pour vous aider à faire les choix les plus écologiques et éthiques, la présence d’une certification est la meilleure façon de ne pas se tromper. Toutefois, encore faut-il pouvoir s’y retrouver parmi toutes celles qui existent. Prenons l’exemple des vêtements en coton pour lesquels il existe deux types de certifications :

  1. Matière première certifiée biologique
  2. Produit fini certifié biologique

Dans le premier cas, le consommateur a l’assurance que le coton ne provient pas de plants OGM, qu’aucun engrais et pesticide chimique n’a été utilisé et qu’il a pu être tracé tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Le vêtement contiendra un pourcentage X de ce coton biologique et devra être mentionné sur l’étiquette. De nombreux organismes sont autorisés à certifier ce coton biologique et comme le mentionne Équiterre dans son guide du vêtement responsable, chacun d’eux utilise son propre cahier de charge dépendamment du pays de vente des vêtements. Le deuxième type de certification va plus loin. Dans le cas du produit fini certifié biologique, 95 % des fibres doivent être issues d’une culture biologique, la transformation du vêtement (teinture, rétrécissement) doit avoir été réalisée avec des produits naturels et biodégradables et les normes du travail de l’Organisation internationale du travail doivent avoir été respectées. Une seule certification existe pour ce type de produit, il s’agit de la norme Global Organic Textile Standard (GOTS). Difficile à obtenir, elle ne peut être attribuée que par huit organismes seulement. Malgré tout, elle est souvent confondue avec la certification Oeko-Tex Standard 100 qui garantit seulement l’absence d’utilisation de produits chimiques dans le produit fini et non que la fibre utilisée est biologique. Quoiqu’il en soit, en cas de doute, une rapide recherche devrait pouvoir vous éclairer, car le sujet est aujourd’hui bien documenté.

2022-08-04T09:58:30-04:00

In our article about fast fashion, we address the environmental issues arising from clothing production: significant use of raw materials, infrequent use and short lifespan of clothes and large quantity of clothes thrown out. Although many items of clothing get recycled, other problems arise. According to RECYC-QUÉBEC, aside from having to collect and sort them, one of the major issues of clothing reaching its end of life is the difficulty of recycling their materials. Garments are often made from five to six different fibres, and there is currently no industrial process that can separate these materials. An additional problem is the lack of market opportunities for recycled fabrics in other industries. Consequently, many clothes made of polyester, spandex, acrylic, nylon or other plastics derived from petroleum are discarded and cause soil and air pollution as much as other types of waste. So, when you can’t buy second hand, try buying clothes made of natural fibres. And since natural fibres don’t necessarily mean eco-friendly and ethical, we have summarized what you need to know on the subject below.

Conventional cotton, organic cotton, fair trade cotton… what to choose?

It’s a known fact that a significant part of the pollution caused by the textile industry comes from the raw materials used to manufacture clothes, particularly cotton. However, as noted in Équiterre’s comprehensive responsible clothing guide, not all cotton crops have the same impact on the environment. Unsurprisingly, conventional cotton has proved to be the most polluting textile fibre in the world because of the amount of water, fertilizer and pesticides needed for its production, in addition to not being very ethical (soil exhaustion, genetically modified crops impacting the flora and fauna and extensive use of child labour). In contrast, organic cotton is grown using natural compost, requires up to 90% less water and uses the principle of crop rotation. Lastly, fair trade cotton is not only organic, but it also guarantees that workers receive a decent salary, and more importantly, contribute to the creation of trade partnerships based on dialogue, respect and transparency. Conclusion: we don’t need to give up cotton, but we need to encourage a trade that’s respectful of the environment and workers by looking for the GOTS label. You can learn more about this in the Certification section below.

Bamboo, a good example of greenwashing

Although its rapid growth requires little water, fertilizer and pesticides, turning bamboo into viscose, also known as rayon, requires an intensive chemical process after which it’s no longer eco-friendly. Therefore, the fibre produced by this process is no longer natural and the antibacterial and hypoallergenic properties that are attributed to it are only a misleading selling point used by the industry. Even though this fibre is more environmentally friendly than synthetic fibres made from petroleum derivatives, it should still be avoided. Instead of viscose, try Tencel or Lyocell, which are made from bamboo and eucalyptus pulp from certified plantations. The transformation process involves only one chemical bath whose wastewater is fully recovered and reused, again and again, to produce new fibres.

Hemp and linen, the most sustainable fabrics

Requiring four times less water than cotton and no fertilizer or pesticide, and contributing to land restoration, hemp has everything going for it. Along with linen, which has the same characteristics and antibacterial properties, hemp is the most environmentally friendly fibre. However, because it belongs to the Cannabaceae family, the plant has long been demonized and cultivating it only became legal again in 1998. Another prejudice against hemp is that it’s often perceived to be a rough and rigid fabric, even though it can be used to create soft, flexible, breathable and durable fabrics. There are actually some apparel brands in Quebec that use hemp and linen, such as Abaka, Message Factory, Vivre en lin, Nomad Hemp Wear.

What about wool?

Although we might initially think that wool is environmentally friendly and ethical, this rarely seems to be the case. According to a report produced by the French Agency for Ecological Transition, the issue with clothes made from wool, no matter from what animal, lies mainly in the poor husbandry conditions in which the animals are reared. Pens that are too small (which can also cause soil erosion), undernourishment, inadequate housing and temperatures, extreme cruelty and wounds inflicted during shearing are practices observed in sheep and alpaca farms in Australia, New-Zealand, England, China, the United States and many countries in South America. Therefore, in an industrial production context where animals are nothing more than commodities and wool is chemically treated and dyed, it’s better to avoid buying clothes made from wool. If you still want to, do a little research to make sure that the wool used is ethical, even when the clothes are handmade.

Certification

Lastly, to help you make the most ethical and eco-friendly choices, finding a certification label is the best way to avoid making mistakes. However, you still need to be able to find your way through all the existing certifications. For example, cotton clothing has two types of certification:

  1. Certified organic raw material
  2. Certified organic clothing

With the first type, the consumer is assured that the cotton doesn’t come from GMO plants, that no chemical fertilizer or pesticides were used and that the cotton could be traced throughout the supply chain. The clothing item contains a certain percentage of this organic cotton, which is mentioned on the label. Many organizations are allowed to certify this organic cotton. As Équiterre mentions in its responsible clothing guide, each organization uses its own book of specifications depending on the country where the clothing is sold. The second type of certification goes further. Certified organic clothing must contain 95% certified organic fibres, its processing (dyeing, shrinkage) must use natural and biodegradable products, and it must meet the International Labour Organization’s labour standards. There is only one certification for this type of product: the Global Organic Textile Standard (GOTS). It’s difficult to obtain; only eight organizations can grant this certification. Nevertheless, it’s often confused with the Standard 100 by Oeko-Tex, which only certifies that no chemicals were used in the final product, but not that the fibre used is organic. In any case, when in doubt, you can easily find the information you need through a quick search, as the topic is now well documented.

2021-11-02T13:16:31-04:00
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