Symbole de liberté, l’automobile est au cœur de nos vies. Ainsi, chaque année, les Québécois.es parcourent l’équivalent de 75 milliards de kilomètres, soit 500 fois la distance qui séparent la Terre du Soleil. Et ces déplacements nécessitent 7,6 milliards de litres de carburant. Pourtant, selon un projet pilote réalisé par l’Agence de l’efficacité énergétique, en appliquant des techniques d’écoconduite, nous pourrions réduire notre consommation d’essence de 9.5 % sur route et de 11 % en ville. Collectivement, nous réduirions ainsi nos émissions de gaz à effet de serre de 2 millions de tonnes d’équivalent CO2.

Mais alors qu’est-ce que l’écoconduite ? Il s’agit d’un ensemble de pratiques visant à réduire sa consommation de carburant et donc l’impact de son véhicule sur l’environnement, tout en favorisant une conduite sécuritaire. À la portée de tous, l’écoconduite peut avoir de grands impacts. C’est pourquoi, depuis 2010, le nouveau Programme d’éducation à la sécurité routière de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) inclut une formation à l’écoconduite ainsi qu’un quizz gratuit en ligne pour tester vos connaissances. Alors, pour celles et ceux qui voudraient se rafraichir la mémoire en vue du test, on vous présente ici les grands principes de l’écoconduite, mais sachez que vous avez également la possibilité de suivre un cours gratuit en ligne offert par Ressources naturelles Canada.

Comportements responsables

Anticiper, le mot d’ordre de l’écoconduite.

Les experts sont unanimes : plus vous jouez avec votre accélérateur, plus vous consommerez de carburant, et ce, sans pour autant gagner plus de temps. En effet, d’après une étude citée par Ressources naturelles Canada, il apparaît que les démarrages en trombe et les freinages brusques ne réduisent la durée d’un déplacement que de 4 %, alors qu’ils augmentent la consommation d’essence de 39 %. Le secret d’une conduite économique et écologique réside donc dans l’anticipation et la constance. Et la bonne nouvelle c’est que cela s’apprend ! Dans cette optique, on vous suggère une série de capsules vidéos réalisées par Écomobile, qui expliquent l’importance de : passer plus rapidement ses rapports de vitesse, augmenter la distance entre les véhicules, tirer profit des pentes et, finalement, d’anticiper en ville, sur l’autoroute ou encore lors d’un arrêt obligatoire pour diminuer sa consommation de carburant.

Couper le moteur à l’arrêt

Lorsque vous faites un arrêt de plus de 60 secondes sans vous trouver dans la circulation, vous consommerez moins de carburant en redémarrant votre véhicule qu’en laissant tourner le moteur. Selon les données d’Écomobile, « la consommation de carburant d’un moteur fonctionnant au ralenti est estimée à 0,6 litre / heure par litre de cylindrée ». Pour un véhicule moyen équipé d’un moteur de 3 litres, c’est l’équivalent d’une tasse d’essence qui part en fumée pour 10 minutes de marche au ralenti. Cela parait négligeable ? Multipliez ce chiffre par 6,6 millions, soit le nombre de véhicules en circulation au Québec. Enfin, sachez qu’en hiver, il n’est pas nécessaire de laisser le moteur de son auto se réchauffer. En réalité, 30 secondes suffisent à fluidifier l’huile et c’est l’action de rouler à basse vitesse qui permet au moteur de se réchauffer. Laisser votre moteur en marche pendant 30 minutes chaque jour pendant deux mois vous fera perdre un plein de carburant sans avoir parcouru un seul kilomètre. Pour réchauffer votre moteur, vous pouvez également faire l’acquisition d’un chauffe-moteur, qui accélérera également le chauffage de l’habitacle du véhicule.

Planifier vos déplacements

Finalement, l’une des règles d’or de l’écoconduite réside dans une bonne planification. D’abord, combinez vos déplacements. Visite à l’écocentre, à la friperie ou à la bibliothèque : lorsque vous avez besoin d’aller quelque part, pourquoi ne pas attendre quelques jours pour pouvoir combiner ce déplacement à un autre besoin ? Vous gagnerez également du temps ! Ensuite, élaborez un itinéraire et partez à l’heure. Moins pressé, vous pourrez alors lever le pied. Ainsi, en passant de 120 km/h à 100 km/h, vous réduisez de 20 % votre consommation d’essence.

Vérification de l’état général du véhicule

Ajuster la pression des pneus

Saviez-vous que la pression des pneus a un impact très important sur la consommation d’essence ? La raison est simple. Un pneu sous-gonflé aura une plus grande résistance au roulement, augmentant donc la consommation de carburant. Le site Écomobile, créé par Transition énergétique Québec et entièrement consacré à l’écoconduite, souligne qu’au Québec, plus d’un véhicule sur quatre a des pneus sous-gonflés entrainant une surconsommation de 50 millions de litres d’essence chaque année. Pour vérifier la pression des pneus, rendez-vous dans une station service équipée d’un gonfleur. Idéalement, répétez cette opération chaque mois, car la pression des pneus peut diminuer de 2 PSI en raison des pertes normales d’air à travers les matériaux du pneu.

Entretenir son véhicule

Comme le mentionne Écomobile, « un entretien mécanique régulier peut vous éviter une surconsommation de carburant, prolonge la durée de vie de votre véhicule et vous fournit l’assurance de rouler avec une voiture plus sécuritaire et moins polluante. » Commencez donc par faire vérifier votre système de freinage. En effet, la présence de rouille sur les freins pourrait causer un frottement sur les roues et donc créer une résistance coûteuse en carburant. Faites également inspecter votre filtre à air et vos bougies. Ce sont des pièces peu coûteuses, mais qui ont un impact significatif sur la consommation de carburant. Enfin, sachez qu’une huile à moteur inadaptée à la saison ou trop vieille peut aussi contribuer à une hausse de consommation.

Éviter les charges inutiles.

Écomobile nous rappelle aussi que les accessoires que l’on fixe à notre véhicule ont une incidence sur son aérodynamisme. Ainsi, un porte-bagages ou un support à vélo augmentent la résistance du véhicule à l’air, ce qui peut contribuer à une augmentation de 10 à 15 % de la consommation de carburant, selon le CAA. Quant au poids du véhicule, il a une incidence directe sur la consommation d’essence : chaque tranche de 25 kg supplémentaire s’accompagne d’une augmentation de la consommation de carburant de 1 %. Pensez donc à retirer les objets superflus qui se trouvent dans le coffre de votre véhicule.