Éco mondialiste

Thème du 29 octobre

L’éco sapiens et sa place dans le monde

La mondialisation a bien évolué au fil des dernières décennies, et nous sommes maintenant tous des enfants d’un libre-échange bien implanté. Ces deux concepts sont vus de façon très positive d’un œil économique. D’un côté social et environnemental, les bénéfices sont plus mitigés.

S’il devenait évident que le libre-échange était majoritairement négatif pour l’environnement et l’équité sociale, il pourrait être envisageable de l’encadrer davantage en resserrant les douanes et favoriser certaines formes de protectionnisme.

Toutefois, la mondialisation est bien plus que du libre-échange matériel : les flux planétaires de la culture, des déplacements humains temporaires et permanents, et des technologies de l’information sont sans aucun doute là pour rester.

Quel est donc le rôle de l’Éco mondialiste dans la transition écologique ? Posons-nous ces questions pour le découvrir :

  • Quels sont les enjeux environnementaux et sociaux de la mondialisation ?

  • Peut-on vraiment être Éco voyageur ?

  • Quelle est la place des choix individuels dans une réalité de libre-échange ?

  • Les relations internationales peuvent-elles être bénéfiques à la crise environnementale ?

  • Le multiculturalisme au Québec : comment mettre à profit cette force du Québec ?

Quels sont les enjeux environnementaux de la mondialisation ?

La mondialisation et le libre-échange ont démocratisé le transport des personnes, des ressources et des produits de consommation. La hausse du tourisme découle directement de cette accessibilité aux transports, ce qui a provoqué une explosion de l’aviation et des croisières et de l’exploitation des gaz à effet de serre qui l’accompagne. L’importation et l’exportation de produits et de ressources ont également augmenté la consommation de combustibles fossiles.

Le débalancement entre les pays pauvres et riches permet la production de produits de consommation à coûts dérisoires. Les citoyens de pays riches ont donc la capacité de s’acheter des quantités toujours grandissantes de produits de consommation.

L’accès aux transports internationaux a permis d’augmenter l’accessibilité des produits alimentaires exotiques. Les aliments présents dans nos assiettes voyagent nettement plus aujourd’hui. De plus, la hausse de la demande en aliments exotiques force l’augmentation de la production dans les pays en développement, parfois moins réglementés en termes de protection de l’environnement.

Le dumping environnemental consiste à profiter du laxisme environnemental de certaines nations pour y implanter des industries d’extraction ou de production. Ainsi, plutôt que de respecter les normes environnementales d’un pays, des entreprises préfèrent s’installer dans des pays où ils n’auront pas à se préoccuper de leurs rejets environnementaux. Dans d’autres cas, les pays comme le Québec exportent carrément des lots de matières résiduelles (papiers et plastiques, notamment) qui ne peuvent pas être valorisées en Amérique du Nord.

Quels sont les enjeux sociaux de la mondialisation ?

Les enjeux sociaux de la mondialisation et du libre-échange se rapprochent beaucoup des causes des enjeux environnementaux. La démocratisation du tourisme international a par exemple créé des destinations où le tourisme est le secteur économique dominant. Ces destinations sont souvent colonisées par des entreprises touristiques américaines ou européennes, par exemple, limitant la rétention des profits dans les communautés d’accueil.

Le libre-échange favorise l’exploitation des zones de pauvretés. On profite de ces zones pour en exploiter les ressources naturelles et humaines à moindre coût. Elles se spécialisent donc dans ces secteurs et ne réussissent pas à développer des industries qui favoriseraient leur autonomie financière. L’Éco mondialiste tente de favoriser les pratiques équitables lorsqu’il achète des produits importés, notamment alimentaires et vestimentaires.

La dominance de certaines cultures : la force de l’industrie culturelle américaine et l’importance internationale de l’anglais favorisent la dominance de cette culture partout dans le monde, aux dépens de cultures locales. L’Éco mondialiste tente de s’intéresser à toutes les cultures et tente de résister aux cultures dominantes.

Peut-on être Éco voyageur ?

L’Éco mondialiste évite de prendre l’avion ou le bateau pour voyager. Il profite des destinations près de son lieu de vie pour diminuer ses déplacements et admirer les paysages de sa région, ou des régions avoisinantes.

S’il voyage à l’étranger, l’Éco voyageur s’assure de respecter les principes du tourisme durable :

  • Il compense les gaz à effet de serre de ses déplacements ;

  • Il préfère diminuer la fréquence de ses voyages, et en augmenter la durée. Il favorise des voyages de trois semaines et plus, qui lui permettent de tisser des liens avec les communautés qu’il visite. Ce faisant, il réussit à créer une dynamique d’équité entre le touriste et la communauté d’accueil, créant une expérience tout aussi enrichissante pour le visiteur que pour le visité.

  • Il évite les lieux touristiques appartenant à des multinationales.

Quelle est la place du choix individuel dans une réalité de libre-échange ?

La majorité des ententes de libre-échange nous obligent à donner une chance équivalente aux producteurs locaux qu’aux producteurs internationaux de vendre leurs produits. Ainsi, au Québec, des fromages européens doivent avoir droit au même marché que des fromages québécois.

Le fardeau de prioriser les produits locaux (à des fins environnementales ou sociales, par exemple) revient donc au consommateur.

L’Éco mondialiste prendra donc sur lui d’identifier les produits locaux et d’éviter les produits importés qui, par le transport qu’ils nécessitent, génèrent davantage de gaz à effet de serre. Non seulement il peut choisir des pâtes alimentaires du Québec plutôt que des pâtes alimentaires fabriquées en Italie (à partir, souvent, de blé importé du Canada…), l’Éco mondialiste peut également décider de remplacer des produits exotiques par des produits du Québec (choisir des pommes plutôt que des bananes, choisir l’orge plutôt que le riz, choisir les graines de tournesol plutôt que les amandes, etc.)

Les relations internationales peuvent-elles être bénéfiques à la crise environnementale ?

Malgré certains enjeux environnementaux et sociaux, la mondialisation et le libre-échange ont assurément ouvert les frontières de différentes façons: les relations internationales sont mieux développées, les technologies de l’information permettent des prises de conscience et l’accélération de la lutte aux inégalités dans certains pays.

L’Éco mondialiste reste ouvert aux autres nations et s’intéresse à leurs expériences pour aider sa transition écologique. La crise climatique en est une qui nous affectera tous. Nous devons donc rester à l’écoute des besoins des autres nations, mais aussi de leurs bons coups en matière de réduction des gaz à effet de serre et en adaptation aux changements climatiques.

Le multiculturalisme au Québec : comment mettre à profit cette force ?

Notre richesse multiculturelle au Québec nous offre un puits sans fond d’expériences internationales qui pourraient inspirer la transition écologique. En restant ouverts à la diversité de rythmes de vie, de traditions, d’interactions et dynamiques sociales et de rapports à l’environnement, nous pourrions découvrir des façons de revoir notre relation à l’environnement, à la consommation et à la communauté.